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LE MAGAZINE DES PROS DE L'AUTO-ÉCOLE · BY KLAXO
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Carburant : les auto-écoles, oubliées de la pompe

Le prix du carburant s'envole, et les auto-écoles sont restées sur le bas-côté des aides gouvernementales. Résultat : des gérants à bout de souffle et un permis qui pourrait coûter bien plus cher. On fait le point

Marie des Accélèrateurs
Klaxo · Rédaction
6 OCTOBRE 2026 · 4 MIN DE LECTURE
Carburant : les auto-écoles, oubliées de la pompe
▸ Verdict — Vous risquez gros
Les auto-écoles doivent ajuster leurs tarifs pour compenser l’augmentation des coûts de carburant, sans aide gouvernementale directe.

Le plein fait trembler les auto-écoles

Le 22 septembre, le gouvernement a annoncé de nouvelles aides face à la flambée des prix du carburant. Les auto-écoles n’en font pas partie. Pour une profession dont la voiture est l’outil de travail, l’oubli passe mal, et il pourrait se répercuter directement sur le prix du permis.

45 000 kilomètres. C’est la distance que parcourt chaque année un véhicule d’auto-école, contre environ 8 000 pour un automobiliste moyen. Pourtant, quand le gouvernement a annoncé le 22 septembre la prolongation et l’élargissement de l’aide aux grands rouleurs, ainsi que des mesures pour certains secteurs professionnels, les écoles de conduite sont restées sur le bas-côté.

42 euros, puis 44. Deux euros de plus par leçon. C’est le prix de la crise à l’auto-école Beauvallon, où le gérant, Loïc, a dû relever ses tarifs pour suivre la hausse du carburant (Hit West). Il ne s’agit pas de gagner plus, mais de rester à flot.

Car à chaque passage à la pompe, la facture s’alourdit pour une profession qui fait rouler ses voitures toute la journée. Et Beauvallon n’est sans doute qu’un début : selon Patrick Mirouse, président de l’ECF, interrogé par RMC, les forfaits pourraient augmenter de 150 à 200 euros pour les futurs élèves.

Trouver un second souffle sans sacrifier la formation

Face à la hausse, les auto-écoles ont peu de leviers. Réduire la formation est exclu : le programme reste le même et impose toujours de faire rouler les élèves en centre-ville et sur des axes à forte circulation.

Changer de véhicule ne règle pas tout non plus. L’auto-école Beauvallon a fait entrer une hybride dans sa flotte, mais le tout-électrique reste difficile à atteindre : l’autonomie est encore limitée et le coût élevé. Il y a aussi un décalage avec les élèves, qui une fois le permis en poche achètent souvent des voitures d’occasion bon marché, rarement électriques.

Le cadre réglementaire ajoute une contrainte. « C’est la double peine », explique Patrick Mirouse. Le contrat-type signé à l’inscription fige le prix des heures prévues, 25 au minimum. Quand le carburant augmente en cours de formation, c’est l’auto-école qui paie la différence.

Le permis, bientôt plus cher ?

Les élèves déjà inscrits peuvent souffler : leur contrat fige le prix des heures prévues, au moins jusqu’à d’éventuelles leçons supplémentaires. Pour les futurs candidats, la facture risque de grimper. Six mois de hausse à la pompe, ça ne s’efface pas d’un coup de baguette magique. Selon les représentants de la profession interrogés par RMC, les forfaits pourraient prendre 150 à 200 euros, pour un permis qui coûte aujourd’hui environ 1 600 euros les 25 heures.

Et si le litre approche les 3 euros, ce ne sont plus seulement les tarifs qui seront en jeu : certaines auto-écoles pourraient fermer. La profession demande au gouvernement de rouvrir le dossier et réclame une aide allant jusqu’à 40 centimes par litre. Elle rappelle que le permis n’est pas un luxe mais un passeport pour l’emploi et l’insertion.

▸ Ce qu’il faut retenir
  • Les tarifs des auto-écoles augmentent en raison de la hausse du prix du carburant.
  • Les auto-écoles ne bénéficient pas directement des aides gouvernementales.
  • L’investissement dans des véhicules hybrides ou électriques est limité par des contraintes économiques.
  • Une réduction des taxes sur le carburant est demandée pour alléger la pression financière.

Changer de vitesse : les pistes des auto-écoles

En attendant un éventuel geste de l’État, plusieurs pistes permettent de limiter la casse :

Former à l’éco-conduite, pour les moniteurs comme pour les élèves. Elle fait partie du programme et réduit directement la consommation.
Optimiser les plannings : regrouper les leçons par secteur et limiter les trajets à vide entre deux élèves.
Recourir au simulateur quand c’est possible, pour les premières heures de prise en main.
Anticiper les tarifs : revoir les nouveaux forfaits et expliquer la hausse avec transparence plutôt que la subir en silence.
Se faire entendre en s’appuyant sur les réseaux et organisations professionnelles qui portent le dossier auprès du gouvernement.

Questions fréquentes

Quel est le montant de l'augmentation des leçons de conduite constatée ?

Un gérant d'auto-école a relevé le prix de ses leçons de 42 à 44 euros pour compenser la hausse des coûts de carburant, soit une augmentation de 2 euros par heure.

Pourquoi l'investissement dans des véhicules électriques est-il limité pour les auto-écoles ?

Le passage à l'électrique est problématique en raison de l'autonomie limitée de ces véhicules et des coûts élevés, rendant difficile l'acquisition pour les élèves qui achètent souvent des voitures d'occasion.

Quel est le coût moyen d'une formation au permis de conduire aujourd'hui ?

Avec l'augmentation des tarifs, le coût d'une formation au permis de conduire peut atteindre entre 1300 et 1400 euros pour 20 heures de conduite.

▸ À PROPOS DE L'AUTEUR
Marie des Accélèrateurs

Rédacteur Les Accélérateurs · Klaxo. 8 ans à observer le secteur de l'auto-école. Couvre Réglementaire et les enquêtes terrain.

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