Pourquoi plus personne ne veut s’asseoir côté passager ?
La pénurie de moniteurs d’auto-école est un problème persistant qui touche à la fois les zones urbaines et rurales. Selon une question posée à l’Assemblée nationale, cette situation résulte de plusieurs facteurs. D’une part, les centres de formation pour moniteurs ont subi des fermetures en raison de la concurrence accrue lors des appels d’offres régionaux, favorisant les grands acteurs au détriment des plus petits. D’autre part, la crise sanitaire a exacerbé la demande en formation et en examens, créant un effet de rattrapage qui met sous pression les auto-écoles.
Comment donner envie de prendre le double pédalier
Pour rendre la profession de moniteur plus attractive, le gouvernement a mis en place des réformes significatives. L’introduction du titre professionnel d’enseignant de la conduite et de la sécurité routière (TP ECSR) a remplacé l’ancien BEPECASER, avec un programme enrichi et des taux de réussite améliorés. Cette modernisation vise à revaloriser la filière et à pallier les difficultés de recrutement. En 2018, le taux de réussite au TP ECSR était de 78 %, contre 67 % pour le BEPECASER en 2016, ce qui témoigne d’un effort pour rendre la formation plus accessible et plus attractive.
Recruter : comment faire ?
Les auto-écoles doivent adopter des stratégies proactives pour recruter efficacement. En Seine-et-Marne, par exemple, la demande pour des enseignants qualifiés est particulièrement forte en raison de sa proximité avec Paris et de son dynamisme économique. Les auto-écoles de ce département se livrent à une véritable guerre des talents, et il est crucial de se démarquer pour attirer les meilleurs candidats. La mise en place de conditions de travail attractives, d’opportunités de formation continue et de perspectives de carrière claires peut aider à séduire de nouveaux moniteurs.
- La pénurie de moniteurs est due à des fermetures de centres de formation et à une demande accrue post-crise sanitaire.
- Le TP ECSR a remplacé le BEPECASER pour moderniser et rendre la profession plus attractive.
- En Seine-et-Marne, la concurrence pour recruter des moniteurs est intense, nécessitant des stratégies de recrutement innovantes.
- Offrir des conditions de travail attractives et des perspectives de carrière est essentiel pour attirer de nouveaux talents.
Réformes : où sont les leviers ?
Face à cette pénurie, des réformes ont été mises en place pour alléger les démarches administratives et ouvrir la profession à un public plus large. Depuis janvier 2026, l’agrément préfectoral des auto-écoles a été prolongé de cinq à six ans, et la condition d’âge pour obtenir l’autorisation d’enseigner a été supprimée. Ces mesures visent à faciliter l’accès à la profession et à réduire les obstacles administratifs pour les moniteurs.
Moniteur, un métier qui a encore de la route devant lui
La pénurie n’est pas une fatalité. Elle dit surtout une chose : le métier n’a pas su se raconter. Car être moniteur, c’est transmettre une compétence qui change une vie. Pour beaucoup de jeunes, le permis est le premier pas vers un emploi, un logement, une forme de liberté. Peu de métiers peuvent en dire autant.
Pour remplir à nouveau les voitures-écoles, il faut d’abord ouvrir davantage de sessions de formation au titre professionnel ECSR. Mais la vraie bataille se joue ailleurs : donner envie de rester. Des plannings plus stables, des perspectives d’évolution, moins de paperasse et plus de pédagogie. Un métier attractif n’a pas besoin d’être porté à bout de bras par les aides publiques : il recrute tout seul.
Il faudra aussi changer le regard porté sur le métier. Une formation modernisée, des outils numériques qui allègent l’administratif, une image qui sort des clichés du « prof de conduite » : c’est ainsi que la profession attirera une nouvelle génération.
Les auto-écoles comme les institutions ont désormais la main. À elles de passer la vitesse supérieure.
Questions fréquentes
Quel titre professionnel a remplacé le BEPECASER pour les moniteurs ?
Le titre professionnel d'enseignant de la conduite et de la sécurité routière (TP ECSR) a remplacé l'ancien BEPECASER, offrant un programme enrichi et des taux de réussite améliorés pour moderniser la filière.
Quel est le taux de réussite au TP ECSR en 2018 ?
En 2018, le taux de réussite au TP ECSR était de 78 %, ce qui représente une amélioration significative par rapport au BEPECASER en 2016 (67 %).
Quelles sont les récentes réformes pour faciliter l'accès à la profession de moniteur ?
Depuis janvier 2026, l'agrément préfectoral des auto-écoles a été prolongé de cinq à six ans, et la condition d'âge pour obtenir l'autorisation d'enseigner a été supprimée, visant à réduire les obstacles administratifs.